• Annie Vidal

Remise du rapport concertation grand âge et autonomie (rapport Libault)

Mis à jour : 1 avr. 2019




Après plus de 6 mois de travail, une consultation nationale et 10 ateliers regroupant 250 acteurs du secteur du grand âge, Dominique Libault a rendu ce jeudi le rapport issu de la concertation Grand Âge et autonomie à la ministre Agnès Buzyn.

Plus de 175 propositions y sont formulées pour répondre au défi du grand âge présent et à venir. J'ai eu le plaisir de co-présider l'atelier "Aidants, famille et bénévolat" et je retrouve dans ce rapport les propositions qui ont fait consensus au sein de notre atelier, ainsi que la nécessaire d'adopter une vision bienveillante envers nos aînés.


Le rapport et le discours d'Agnès Buzyn sont accessibles sur le site du ministère de la santé en cliquant ICI.


Les députés étaient invité à partager leur expérience sur les ateliers qu'ils ont pu co-animer.

Retrouvez mon intervention lors de cette table ronde ci-dessous :


"L’idée même de cette concertation, comme préalable à un projet de loi Grand Age, Autonomie, associant le citoyen grâce à la consultation en ligne ainsi que les conditions appropriées de l’expression commune des acteurs de terrain lors des ateliers thématiques était de bon augure, car depuis le début de ce quinquennat, l’EHPAD bashing a généré beaucoup d’amertume chez les professionnels de santé désavoués et a généré une forte angoisse chez nos ainés et chez leurs proches aidants.


L’accompagnement des aidants, la 3eme priorité de la consultation make.org, volonté affichée clairement dans cette mission à travers l’atelier « aidants, famille, bénévolat » témoigne de l’intérêt portée aux aidants et aux aidés, binôme indissociable, à l’aube de ce projet de loi. Nous sommes tous potentiellement aidants et/ou aidés et le risque majeur, est celui de l’isolement trop souvent lié à la vulnérabilité et à l’aidance.


Dans cet atelier, constitué de 25 personnes, nous n’avons pas pu intégrer toutes les personnes qui souhaitaient nous rejoindre, en revanche nous les avons entendus en audition. J’adresse au groupe, ainsi qu’à Cécile Tagliana co présidente et Etienne Deguelle rapporteur, des remerciements sincères et je voudrai saluer non seulement la qualité et la richesse de nos rencontres mais aussi le côté chaleureux et constructif de ces ateliers où l’expression a été libre, à la recherche de consensus, et qui donc n’a pas amené de dissensions majeures, quant aux orientations proposées dans le rapport.


Les questions transversales telles que l’aide accordée, la formation des professionnels, le financement du grand âge, la gouvernance, ont été évoquées, nous ne les avons pas développées puisque traitées dans les autres ateliers.


Les proches aidants de personnes âgées sont près de 4 millions, ils attendent plus de reconnaissance, plus de simplicité pour leurs démarches et plus de possibilité de répit.


Nous avons identifié 32 recommandations, dont certaines sont très structurantes, elles s’articulent autour de deux objectifs : un objectif d’effectivité dans l’accès des proches aidants aux droits et prestations et un objectif d’égalité d’accès sur l’ensemble du territoire.


Je précise que ces recommandations concernent les proches aidants des personnes âgées, eut égard à la thématique « Grand âge » mais aussi des personnes en situation de handicap.


J’aimerai toutes les présenter mais puisqu’il faut en choisir une, j’insisterai sur la nécessité de proposer un modèle structuré au niveau national, départemental et local, pour porter et favoriser la mise en relation des bénévoles avec des personnes fragiles ainsi qu’avec leurs proches aidants sur l’ensemble du territoire, que ce bénévolat soit continu ou ponctuel.


C’est donc avec un ensemble de propositions en faveur de la reconnaissance et du soutien de l’engagement citoyen que nous pourrons construire une complémentarité du soin, du prendre soin et du présentiel, autour des personnes fragilisées par l’âge, mais aussi par la maladie ou le handicap. C’est un début de réponse à l’isolement social.


Je terminerai en précisant qu’il s’est agi tout au long de cet atelier de proposer des actions concrètes pour faire société autour des vulnérabilités et de la solidarité familiale, amicale, associative et bénévole avec les professionnels et les entreprises ; au bénéfice de nos ainés qui j’en suis convaincue, avec notre aide et notre bienveillance pourraient mobiliser davantage les capacités qu’ils ont encore.


De manière générale, et nous l’avons partagé au sein du groupe, toutes ses mesures n’ont de sens que si nous changeons le regard que nous portons sur nos ainés et sur leurs proches aidants notamment en leur donnant la possibilité, malgré leur faiblesse et leur vulnérabilité d’exprimer une certaine liberté de choix à la fois dans leur rapport aux autres, mais aussi entre différentes conditions de vie. Le rôle du proche aidant sera alors prépondérant et essentiel pour créer les conditions de ce libre arbitre.


Permettez-moi cette citation de Louis Bardou lors de son discours d’introduction à l’académie Française en 1924 : « La vieillesse peut devenir une parue, sans être une abdication »



©2019 by Annie Vidal