• Annie Vidal

Redécouvrons et développons l’apprentissage

Mis à jour : 21 mars 2019

L’avenir des jeunes générations a toujours été au cœur des préoccupations des différents gouvernements, malgré cela un grand nombre de jeunes quitte le système scolaire en situation d’échec. Plus précisément sur 100 jeunes sortant de formation initiale, 44 sont diplômés des études supérieures, 30 du baccalauréat, 12 d’un CAP, BEP ou équivalent et 14 avec seulement le diplôme national du brevet ou sans aucun diplôme.


Longtemps mal aimé, délaissé, l’apprentissage a souvent été dénigré au profit de formations plus prestigieuses. Au niveau V (formation professionnelle courte), 3 apprentis sur 4 préparent un diplôme dans le domaine de la production. Les effectifs les plus importants se concentrent dans les spécialités des transformations et du génie civil et de la construction. Toutefois, force est de constater que loin des volontés familiales, certains jeunes ont une véritable aspiration pour des métiers manuels.


Le projet de loi « pour la liberté de choisir son avenir professionnel » présenté par la Ministre du Travail Muriel Penicaud poursuit la rénovation du modèle social français engagée depuis le début du quinquennat. Au cœur de cette transformation, la réforme du système de formation professionnelle continue, une refonte du système d’apprentissage ainsi que de l’assurance chômage, mais aussi l’adaptation et la simplification de la politique d’insertion professionnelle des travailleurs handicapé et l’égalité Femmes/Hommes dans l’emploi.


32 Mds € sont dépensés chaque année pour la formation professionnelle, mais ceux qui en ont le plus besoin sont les moins bien traités par le système.

Aujourd’hui en France 1,3 million de jeunes ne sont ni en emploi, ni en formation, ni en études et seulement 7% des jeunes français sont en apprentissage contre 15% en Allemagne, alors que sept apprentis sur dix trouvent un emploi sept mois après leur formation.


La Normandie, quant à elle figure parmi les six Régions les mieux dotées, avec une proportion d’apprentis parmi les 16-25 ans de 6,2%, la moyenne nationale se situant à 4 %.

En termes d’adéquation de l’offre et de la demande d’emploi, il va s’agir d’anticiper les mutations économiques et sociétales en s’appuyant sur certaines orientations issues des accords interprofessionnels nationaux de février 2018.


Sur la question de l’apprentissage, les mesures phares du projet de loi « pour la liberté de choisir son avenir professionnel » visent une plus grande attractivité. Ainsi jusqu’à 30 ans (26 actuellement) il sera possible d’entrer en apprentissage et chaque contrat sera financé par l’état. Une aide de 500€ sera accordée aux apprentis majeurs pour passer le permis de conduire. Par ailleurs les diplômes professionnels seront co-construits avec les partenaires sociaux et pour les niveaux pré-bac, une aide unique aux entreprises est prévue, ciblée sur les TPE/ PME, et pour laquelle l’accès sera simplifié.


Pour couper court aux contre-vérités entendues ici et là, certains points relatifs à la modification du rôle des régions méritent d’être précisés.

Désormais les régions ne seront plus bénéficiaires de la taxe d’apprentissage, celle-ci sera redistribuée directement en direction de l’apprentissage y compris pour les établissements dits hors quotas dont la liste a été étendue et notamment aux écoles de production.


Les régions interviendront pour contribuer au financement des Centre de Formation et d’Apprentissage (CFA) tant au niveau du fonctionnement qu’au niveau de l’investissement, en réponse aux besoins et pour assurer l’égalité au sein des territoires. Elles disposeront pour cela d’une enveloppe de 430 M€ répartie en deux dotations l’une de 180 M€ pour l’investissement et l’autre de 250 M€ pour le fonctionnement et pour faire face à des situations particulières en termes de taille ou de localisation des CFA. Ceci permettra notamment, de développer les CFA en zones rurales. Ces dotations correspondent aux montants que les régions consacrent aujourd’hui à ces missions, il n’y a donc pas moins d’argent mais il ne sera plus possible que des fonds normalement dédiés à l’apprentissage soient mobilisés sur d’autres postes budgétaires. Ainsi, dès 2020, c’est l’Etat qui financera les contrats d’apprentissage signés, il y aura donc une garantie légale de financement.


Leur rôle d’information et d’orientation, en regard de leur connaissance du territoire et de ses besoins, est renforcé.


A partir du diagnostic partagé d’une orientation qui fonctionne mal, orientation par l’échec ou par défaut, dispersion de l’information, responsabilités diffuses qui génèrent angoisse des élèves et des parents, nous nous devons d’être plus efficaces. Cela demande donc de définir plus précisément le rôle de chacun en termes d’orientation des élèves. Actuellement, les Régions se chargent d’un service public régional de l’orientation qui ne franchît pas l’enceinte de l’Ecole. En s’appuyant sur les bases existantes, il s’agit d’accompagner les élèves tout au long de leur parcours, pour qu’ils puissent choisir en fonction de leurs projets et de leurs ambitions. Cette conception de l’orientation implique un changement de regard, mais aussi un changement de structures. Les Régions qui ont une connaissance fine du dispositif économique et des opportunités de l’avenir seront en charge et en capacité de donner l’information et d’accompagner l’orientation. Les établissements scolaires quant à eux devront être le lieu privilégié de l’information sur les métiers.


La loi votée en première lecture, mardi 19 juin va permettre de développer massivement l’apprentissage pour qu’un plus grand nombre de jeunes puissent accéder à l’emploi. Notre ambition, c’est l’émancipation sociale par le travail et l’acquisition de compétences, car c’est la meilleure protection contre le chômage.


Annie Vidal

Députée de Seine Maritime

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