• Annie Vidal

Incendie de Lubrizol et de Normandie Logistique : 1 an après

Il y a un an jour pour jour un incendie s’est déclaré dans la nuit sur les sites de l’usine Lubrizol et de l’entreprise Normandie Logistique.

L'incendie des installations de Lubrizol et Normandie Logistique a provoqué l'émission dans l'atmosphère d'un gigantesque panache de fumées noires. Des retombées ont été observées dans plusieurs centaines de communes sur un axe partant de Rouen vers Est-Nord-Est jusque dans les Hauts de France.


L’état a rapidement mis en place tous les outils nécessaires pour traiter cette affaire en toute transparence.




Depuis 1 an, les services de l’état, les élus, les représentants d’associations, les représentants d’organismes professionnels, les entreprises concernées par l’incendie se réunissent régulièrement au sein du comité pour la transparence et de dialogue.

Au sein de ce comité tous les sujets sont abordés pour suivre les conséquences de cet incendie et les procédures mises en place par les différents organismes (Etat, Lubrizol, Normandie logistique etc…)


Les milliers de prélèvements et d’analyses de produits végétaux et animaux, de terre et d’eau ont permis de s'assurer qu'au-delà du caractère spectaculaire de l'accident, il n'y aurait pas de conséquences durables sur l’environnement dans notre département.

Les agriculteurs de notre territoire ont été lourdement touchés par cet accident.

Avec la mobilisation de l’état, des professionnels et de l’entreprise Lubrizol nous avons pu accompagner l’ensemble de nos agriculteurs face à cette crise.



A l’Assemblée Nationale nous avons mené une mission d’information pour comprendre et analyser l’ensemble des évènements et proposer des pistes d’améliorations permettant de prévenir ce type d’accident industriel.




Parallèlement à cela, Santé Public France a constitué un groupe de travail sur le thème de la santé, auquel je participe, qui a lancé une enquête en population pour décrire la santé et la qualité de vie de la population suite à l’incendie.


Le 24 septembre 2020, un an après l'incendie de Lubrizol, les ministres Gérald Darmanin et Barbara Pompili sont venus à Rouen, pour la présentation des nouvelles mesures de prévention des accidents technologiques et d'amélioration des dispositifs de gestion de crise.

L’Etat a tiré les leçons de cet incendie, tout va être mis en œuvre pour qu’une journée comme celle du 26 septembre 2019 ne se reproduise plus, ni à Rouen, ni ailleurs. Les ministres ont annoncé :

  • Les prescriptions applicables en matière de stockage de matière dangereuse ont été drastiquement augmentées depuis l’incendie de l’usine Lubrizol. Afin de limiter tout risque de propagation d’incendie entre des sites voisins, par effet domino, les inspections des sites classés dans un rayon de 100 mètres des zones Seveso seront dorénavant systématiques.

  • Des exercices réguliers seront menés sur les sites Seveso. Ils permettront notamment de tester les moyens d’extinction présents sur les sites : ils auront lieu de manière obligatoire tous les ans dans les sites Seveso seuil et seront renforcés dans les sites seuil bas. Les conclusions des contrôles menées seront « systématiquement » postés en ligne, et chacun y aura accès.

  • Il y aura une transparence totale pour la population si un accident de cette nature venait à se reproduire. La liste des produits stockés et de leur quantité devra immédiatement être mise à disposition du public par les industriels du site concerné, et de façon à être compréhensible pour tous.

  • Un bureau d’enquête accident dédié au risque industriel va être créé. Celui-ci sera effectif dès le mois prochain. Cette structure spécialisée, indépendante, réunira des experts en charge de mener des enquêtes techniques dans le cadre d’accident grave, mais aussi d’incident significatif ayant montré une défaillance dans le système.

  • Un double système de SMS d’alerte de la population et de message de prévention sera ainsi mis en place, dès 2022, par le Gouvernement, pour un budget total de 50 millions d'euros, pour prévenir les populations proches de ce type d’accident.

Au début du mois de septembre, j’ai eu l’occasion de visiter le site de l’usine Lubrizol. Cette visite m’a permis de constater les améliorations et les aménagements réalisés par l’entreprise pour garantir une reprise d’activité dans des conditions optimales de sécurité.



J’ai également pu constater que les travaux de nettoyage sont terminés ce qui devrait mettre un terme aux nuisances olfactives ressenties ces derniers mois par les habitants de notre métropole.




J’ai par ailleurs échangé avec les représentants du personnel qui ont été affectés par cet accident et heurtés par le regard qui a pu être porté sur eux. Ce sont des professionnels aguerris, fiers de porter les valeurs et la culture de leur entreprise.

©2019 by Annie Vidal